29 octobre 2018

Le sang de la honte

Maria Contreras Coll

< >

« Un après-midi de juillet, Surekha monte aux arbres pour attraper des figues avec la grâce d’un chat sauvage. Sur cette image, je la trouve belle et puissante. On dirait une déesse  », dit la photographe espagnole Maria Contreras Coll. La jeune Surekha, 14 ans, a dû quitter son village de l’ouest du Népal et se débrouiller seule durant ses règles menstruelles.

Tradition hindoue, la chhaupadi oblige les femmes à l’isolement, une semaine par mois, durant leurs menstruations. Vues comme impures, capables de jeter des sorts, elles sont rejetées de leur foyer dès les premières gouttes de sang. Elles ont interdiction de toucher les hommes, le bétail, et la nourriture réservée aux autres.

Certaines s’exilent dans des granges, non loin de leurs maisons, d’autres sont obligées de traverser à pieds des forêts lointaines et épaisses, pour dormir dans des huttes.

Cette pratique a été déclarée illégale par la Cour suprême du Népal en 2005. Dans les faits, elle est encore répandue dans trois foyers sur quatre à Katmandou, la capitale népalaise, où les familles interdisent aux femmes l’accès à la cuisine et à la salle de prière. Dans certaines régions de l’Inde et du Bangladesh, les femmes vivent aussi au rythme de la chhaupadi jusqu’à ce qu’elles soient ménopausées.

Cette photo est extraite du reportage au long-cours « Journey to Impurity » de la photographe espagnole Maria Contreras Coll.
Voir son site : http://www.mariacontrerascoll.com

barre

Version imprimable de cet article Version imprimable
Partager
En librairie


Enquête L’ENCLAVE

Photobiographie ELON MUSK

Portfolio FEMMES BATTANTES

8 mars 2019

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie