30 décembre 2019

Pont de départ

BolivArt

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Chaque jour, des dizaines de milliers de Vénézuéliens empruntent le pont Simón Bolívar, la principale voie terrestre entre leur pays exsangue et la Colombie voisine. Sur leur route, un projecteur. Sa lumière isole les visages défaits de ce flot ininterrompu d’hommes, de femmes et d’enfants en train de fuir l’écroulement d’une nation qui détient pourtant les premières réserves de pétrole au monde.


Les photographes du collectif qui a installé ce projecteur se font appeler « Pedro » et « Matthieu ». Ils se sont rencontrés dans une école française et ont créé BolivArt en 2011. « Pedro », vénézuélien, voulait raconter l’exil de son pays. Comme lui, quatre des 30 millions d’habitants ont quitté le Venezuela de Nicolas Maduro sous embargo américain. En 2019, l’inflation y a frôlé les 10 000 000 %. Les magasins sont vides, les hôpitaux inopérants. De 2015 à 2018, la mortalité maternelle a augmenté de 65 %, la mortalité infantile de 30%, alors que le pays a longtemps été réputé pour l’excellence de son système de santé.


Alors, papiers à la main, enfants sur les épaules, les Vénézuéliens passent la frontière pour une journée – à la recherche de vivres ou de soins – ou pour la vie. Leurs visages, mis en lumière l’espace d’un instant, disent l’urgence et la faim.


La série de photographies du collectif BolivArt est à retrouver dans notre numéro 18 « Avec nous le déluge », toujours en librairie.

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En librairie

6MOIS N°18 - AUTOMNE 2019

Avec nous le déluge

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie