10 décembre 2018

Sur les rives du lac Hamoun

Hashem Shakeri

< >

Hoveida vit au Sistan-et-Baloutchistan, une province iranienne. Située au sud-est du pays, à la frontière avec le Pakistan et l’Afghanistan, la région était autrefois une terre d’abondance, surnommée le « grenier à céréales de l’Iran ». Sur les rives du lac Hamoun, connu comme le septième plus grand point d’eau douce du monde, prospéraient pêcheurs, agriculteurs et éleveurs.

Aujourd’hui, la région n’est plus qu’un grand désert stérile à la population désespérée. La faute au réchauffement climatique, aux tempêtes de sable, aux barrages construits par l’Afghanistan, à la pauvreté et au chômage. « La région ressemble à un grand corps qui, recouvert de poussière, serait tombé dans un sommeil profond », explique le photographe, Hashem Shakeri, qui sillonne depuis cinq années maintenant les terres craquelées du Sistan-et-Baloutchistan. « Pas étonnant qu’au cours des dernières années plus de 25% de la population ait fui la région », commente-t-il. Ceux qui restent, comme Hoveida, vivent pour 95% d’entre eux en-dessous du seuil de pauvreté. Le jeune homme ramasse des détritus dans le barrage Zahak, aujourd’hui complètement à sec, qu’il essayera de refourguer contre de la drogue, dernier fléau qui ravage les corps et les esprits de la population.

Cette photo est extraite du reportage "Une élégie pour la mort de Hamoun" du photographe Hashem Shakeri
Voir son compte Instagram : https://www.instagram.com/hashemsha...

Clara Hesse

barre

Version imprimable de cet article Version imprimable
Partager
En librairie

N°17 - PRINTEMPS 2019

ORIENT EXTRÊME

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie