9 février 2017

Les dessous de l’image

Triste Istanbul

Kalel Koven

Chaque semaine, un photographe décrypte l’une de ses images qui l’a marqué. Ce jeudi, Kalel Koven revient sur son dernier voyage à Istanbul



« Je me souviens de l’ambiance d’Istanbul lors de mon premier voyage, en 2012. Les marchands ambulants courant les rues, des soirées festives, des femmes voilées côtoyant d’autres femmes non voilées, le fameux marché aux poissons près du pont Galata et les vieux vapür, ces ferries qui traversent le fleuve et relient les deux parties de la ville…


Trois ans plus tard, en octobre 2015, j’y retourne. J’arpente les rues, comme à mon habitude, mais je ne reconnais plus la ville. Le marché aux poissons a été démoli, remplacé par des box sans âmes. Les anciens vapür ont été remplacés par des bateaux neufs. La ville se modernise, s’uniformise… perd son charme.


Surtout, l’ambiance est lourde. Je vois beaucoup de femmes recouvertes totalement de noir. Les visages sont fermés, je sens les gens méfiants. Cette ville est triste. C’est ce que reflète le visage de cet homme, marchant les épaules tombantes et le regard baissé, muet, sur l’esplanade de la mosquée neuve d’Eminönü, dans le centre historique.

Le lendemain, le 10 octobre 2015, une bombe explose à la gare d’Ankara, faisant une centaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Pour moi, cette image raconte le basculement sombre de la Turquie. »


Propos recueillis par Victoria Scoffier



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