20 avril 2018

bébés albanais

Jessica Vuillaume

Chaque semaine, un photographe raconte une image qui l’a marqué. Jessica Vuillaume a franchi les portes d’une maternité de la capitale albanaise pour suivre les activités d’une association locale qui accompagne des jeunes mamans.



« Mai 2017. Hôpital universitaire Geraldinë à Tirana. Cette semaine trois bébés sont morts derrière les rideaux colorés de la maternité. Une jeune mère a aussi perdu la vie en tentant désespérément de la donner. L’Albanie est le septième plus mauvais élève d’Europe en termes de mortalité infantile : sur 1000 naissances, 8% de bébés meurent - en France on avoisine les 3,9 %. Le taux est particulièrement élevé dans la région de Tirana : un décès pour 70 naissances selon les dernières statistiques publiées par l’ONG Save The Children.

Depuis cinq ans, l’association albanaise Mother and Child Hospital Foundation cherche à inverser cette tendance. Suivant l’exemple des pays nordiques, des Baby Box contenant l’équipement de base sont distribuées à toutes les nouvelles mamans. Des sages-femmes animent deux fois par semaine des classes prénatales gratuites.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir : Il n’est pas encore midi quand je commence à photographier l’étage où se reposent les femmes qui viennent d’accoucher. Les jeunes mamans restent en moyenne deux à trois jours, elles sont jusqu’à cinq par pièce. Pour une chambre individuelle il faut payer. J’accompagne Aurora Bairaktari, l’une des 160 sages-femmes de la maternité Geraldinë. L’air est moite. Elle passe de chambre en chambre, répétant inlassablement les mêmes explications sur l’allaitement.

La sage-femme rassure les jeunes mères ici et là, replace délicatement un nouveau-né allongé à l’extrémité d’un lit sans rebord ou aide à en changer un autre, sous les yeux de ses deux stagiaires en blouse bleue. À mon arrivée, je pensais trouver un lieu sombre où tout manquerait mais malgré l’hygiène un peu limite et les locaux rudimentaires, cette maternité me plait. Dans les couloirs baignés de lumière on entend raisonner les rires et la vie. »

Propos recueillis par Clara Hesse

Ce reportage a été commandé à Jessica Vuillaume par la fondation suisse Gloria Mundi.



Trait de s?paration
Trait de s?paration
Trait de s?paration

Version imprimable de cet article Version imprimable
Partager


En librairie

N°15 - HIVER 2018

VILLES FOLLES


Enquête LAGOS LA DINGUE

Photobiographie GÉRARD DEPARDIEU

Portfolio UNE VIE À SERVIR

14 septembre 2018

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie